Le magazine
06.13.19

L’esprit de corps, un signe spécifique chez Jean Rousseau

by Jacques Bordier

L’esprit de corps est, j’en suis convaincu, un élément qui distingue la Maison Jean Rousseau. La fierté de réaliser des produits d’exception, l’ancrage régional et le caractère familial de l’entreprise sont autant d’éléments que nous partageons et qui créent du collectif au sein de la Manufacture. Bien sûr, cela ne suffit pas. Cet esprit de corps doit se travailler tous les jours dans notre fonctionnement et nous nous y employons avec enthousiasme.

Le recrutement est l’une des clés de cet esprit. Chez nous, il passe notamment par l’ancrage territorial. Il y a quelques années, nous avons ainsi visité plusieurs écoles dans la région de Besançon – où se trouve la Manufacture – pour rencontrer les responsables de formations correspondant à nos besoins. Nous entretenons aussi des relations privilégiées avec le Lycée des Huisselets, à Montbéliard, qui dispense plusieurs formations intéressantes en maroquinerie.

Outre les qualifications requises pour les postes à pourvoir, nos recruteurs internes éprouvent par ailleurs un engouement particulier pour les personnes ayant des passions, comme le modélisme ou la broderie. Nous comptons même dans nos rangs des peintres sur cuir, de véritables artistes ! La passion, qui suggère une implication personnelle forte, n’est en effet pas une caractéristique anodine lorsque l’on travaille sur des créations exigeant précision et rigueur.

Nous nous assurons enfin que nos futur.e.s collaborateurs.rices partagent nos valeurs : le respect, la fidélité, la reconnaissance du savoir-faire et le mérite. Celles-ci sont capitales en ce qu’elles participent du bon climat social qui règne entre nous. Elles conditionnent d’ailleurs l’évolution de carrière au sein de l’entreprise.

Mais si nous sommes attentifs aux natures des personnes qui nous rejoignent, nous essayons également d’être à la hauteur de leurs attentes, en menant par exemple une politique de formation ambitieuse. Chaque année, nous consacrons un budget très nettement supérieur aux obligations légales sur des sujets techniques : mise à jour des compétences face à l’évolution de certains logiciels, formation à de nouveaux matériels ou de nouvelles techniques, apprentissage de l’anglais pour suivre le développement international de l’entreprise, etc. Ces formations sont dispensées en interne par des collaborateurs.rices expérimenté.e.s, ou par un.e. intervenant.e externe. Elles sont essentielles pour garantir la préservation de nos savoir-faire et rester digne du label Entreprise du Patrimoine Vivant (EPV), qui salue les entreprises françaises au travail artisanal d’excellence et dont nous sommes détenteurs depuis 2007. Nous réfléchissons d’ailleurs à créer notre propre école pour faciliter la transmission des compétences d’une génération à une autre.

Et puis l’esprit de corps se construit aussi autour de moments qui paraissent simples, mais sont en réalité cruciaux. Forts d’un Comité d’Entreprise très engagé, nos deux sites de production organisent par exemple un grand pique-nique chaque été et célèbrent les fêtes de fin d’année avec tous nos collaborateurs et leur famille. Ce sont des évènements importants pour l’entreprise. Pour ma part, je ne passe pas une nuit dans une filiale lointaine sans dîner avec les équipes locales et nous avons banni certains « privilèges » réservés en général à la hiérarchie : chez Jean Rousseau, les places de parkings et la cafétéria sont pour tout le monde ! Enfin, j’essaie d’entretenir le sentiment d’appartenance à l’entreprise en encourageant nos collaborateurs à porter leur blouse (blanche pour les artisans, bleue pour les autres fonctions techniques). J’admets rencontrer plus ou moins de succès dans cette démarche… mais je ne m’avoue pas vaincu, au nom de l’esprit de corps justement !